Marie Emmanuelle vignette 1

 

Au moment où leurs parents les pressent de choisir leur orientation et de réfléchir à leur projet professionnel, nombre d’adolescents choisissent de vivre l’instant présent et privilégient le plaisir immédiat au détriment du travail scolaire. Ils refusent ce qu’ils considèrent comme des contraintes horaires imposées par les adultes : ils font leurs devoirs à la dernière minute, veillent tard, sont en retard voire absents aux repas familiaux, au collège ou au lycée, etc. L’avenir ? Ils ont le temps d’y penser… Cette apparente désinvolture est source de conflits familiaux. Comment interpréter ces comportements qui agacent et inquiètent l’entourage de ces jeunes ? Et surtout, comment aider ces derniers à adopter un rythme de vie compatible avec les exigences des études et du monde du travail ?

 

 

Des recherches récentes suggèrent que le rejet des temporalités adultes, ne serait ni une provocation, ni un acte d’opposition, mais plutôt une volonté d’affirmer son autonomie[1]. En se désynchronisant des rythmes familiaux et scolaires, l’adolescent revendique son indépendance et attire le regard sur lui ; il brille par son absence, met en scène ses retards, cherche à impressionner ses camarades par son originalité et son individualité. Le noctambulisme serait également une forme de désynchronisation, une prise de liberté par rapport aux temps sociaux et aux règles parentales ; à l’âge de la découverte du soi et de l’exploration de ses limites, veiller tard peut être vu comme une expérience rituelle. L’usage d’objets connectés ou la pratique de jeux vidéo amplifierait ce phénomène. En effet, ce sont des activités « sans fin » : une recherche sur internet en appelle une autre, un message exige une réponse, etc. et surtout, il est vital de ne rater aucun des postspubliés par ses « amis » ! L’agitation intellectuelle induite par ces loisirs masque les signes de fatigue, et ce d’autant plus que la lumière bleutée émise par les écrans (téléphones portables, consoles vidéo, tablettes, etc.) inhibe la production de mélatonine (hormone du sommeil) donc nuit à l’endormissement. L’Inpes[2]estime que 30% des adolescents sont en dette de sommeil, une fatigue chronique qui n’est pas sans conséquence sur les résultats scolaires, sans compter les risques d’accidents domestiques, de la circulation ou dans les activités sportives.

Une autre caractéristique du rapport au temps des adolescents, c’est son élasticité : une apparente contradiction entre l’exigence du « tout, tout de suite » et du « zapping » dans leurs occupations quotidiennes, et du « j’ai le temps », « on verra plus tard » dès lors qu’il s’agit de se projeter vers demain. Depuis Piaget[3], il est établi que durant l’adolescence les jeunes acquièrent la capacité de penser l’avenir, d’envisager les diverses options qui s’offrent à eux et de mesurer les conséquences à long terme d’actes présents. Alors qu’ils vivaient dans un monde fait de certitudes dans lequel ils dépendaient entièrement de leurs parents, ils sont confrontés à un futur indéterminé au sujet duquel on leur demande des décisions, des engagements. Cette prise de conscience d’une responsabilité qu’ils ne souhaitent pas assumer et / ou qui les effraie, les conduit parfois à se replier sur le présent, à multiplier les activités dans un laps de temps très court et à repousser les décisions qui engagent leur devenir. Par ailleurs, les modèles parentaux, le discours de leurs proches ou celui véhiculé par les médias peuvent conduire à des représentations négatives du futur : à quoi bon devenir adultes si c’est pour toujours manquer de temps ? se marier pour finir par se séparer ? se donner la peine d’étudier, d’apprendre un métier pour ne pas trouver de travail ?

Les parents se sentent parfois démunis face à des adolescents qui vivent au jour le jour, donnent la priorité à leurs relations amicales, procrastinent concernant le travail scolaire et refusent radicalement de penser à demain. S’ils leur paraissent hermétiques à toute tentative de raisonnement, ils sont sur le plan cognitif capables de planifier à long terme et de concilier leurs comportements avec leurs objectifs. Les proches, d’une part trop impliqués affectivement et d’autre part associés – comme les professeurs ou psychologues scolaires – aux normes auxquelles ces jeunes s’opposent, ne sont sans doute pas les interlocuteurs les plus adaptés. Pourquoi ne pas faire appel à un coach pour accompagner ces adolescents déboussolés ? Apprendre à gérer son temps, définir ses priorités, déterminer ses objectifs et mettre en œuvre des actions pour les réaliser, etc. sont des domaines dans lesquels l’approche globale proposée par le coaching a montré son efficacité. Sans compter que, pour un jeune, avoir rendez-vous avec « son coach » est autrement plus valorisant que de rencontrer un éducateur !

 

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[1]Voir à ce sujet, les travaux que Jocelyn Lachance a menés auprès d’adolescents français et canadiens âgés de 15 à 19 ans :

Lachance, J. (2012). L’adolescence hypermoderne. Le nouveau rapport au temps des jeunes. Laval (Canada) : Presses de l’Université de Laval.

[2]Institut national de prévention et d’éducation pour la santé

[3]Jean Piaget est un psychologue suisse connu pour ses travaux sur le développement psychologique des enfants et des adolescents.

Piaget, J., Inhelder, B. (1969). La genèse des structures logiques élémentaires : classification et sériations.Neuchâtel (Suisse) : Delachaux et Niestlé.